|
|
Decade to Decade: The Sixties
|
|
Decade to decade Les années 60 : La percée du Real
|
Les années 60 furent celles des premiers titres du Real Madrid, mais le moment le plus mémorable de la décennie fut l'ordre donné à son équipe par Pedro Ferrandiz, le coach du Real, de marquer contre son camp pour empêcher une prolongation qui aurait pu entraîner les Blancs dans une plus large défaite. Après 5 ans de suprématie des équipes soviétiques, ce fut le tour du Real Madrid. Avant de gagner son premier titre européen en 1963-64, le Real perdit encore une autre finale, l'année précédente, contre le CSKA Moscou. Et ce fut une drôle de défaite. Emiliano Rodriguez, le meilleur marqueur du Real à cette époque nous en dit plus :
"Le premier match se déroula à Madrid et on a gagné de 17 points. Tout le monde pensait que cet écart serait suffisant pour gagner le titre, mais dans le deuxième match, joué à Moscou le 31 juillet, on perdit aussi de 17 points. A l'époque le règlement stipulait qu'un troisième match devait être joué le jour suivant. On a aussi perdu ce troisième match, mais ce qui m'a le plus ennuyé c'est que mon mariage devait avoir lieu le 5 Août, et que voyager jusqu'à Moscou et en revenir était une vraie aventure à l'époque. Par chance, je suis rentré chez moi à temps !"
La saison suivante le Real se qualifia encore pour la finale, contre le Spartak de Brno. Défaits de 11 points à l'aller (110-99), le Real gagna le second match de 20 points (84-64) et remporta son premier titre européen.
"Ce fut un jour de grande joie pour nous, puisqu'on atteignait finalement notre objectif après plusieures tentatives en vain. On gagna aussi l'année d'après (1964-65) en battant notre bête noire de l'époque, le CSKA Moscou. Je dois reconnaître que les Russes, comme je les appelle toujours même si ils n'étaient pas tous de Russie, avaient de très bons joueurs : Volkov, Petrov, Alachachan , Sergei Belov un peu plus tard. Le géant Kruminsh était comme un extraterrestre pour nous, comme c'était la première fois qu'on voyait quelqu'un d'aussi grand et fort. Dans d'autres pays, il y avait aussi de grands joueurs : Antoine en France, Massini et le jeune Dino Meneghin en Italie, Lopatka et Winosky en Pologne, Korac et Daneu en Yougoslavie. Korac me vola le titre de meilleur marqueur du championnat d'Europe en 1961. C'était un shooteur né.
Le Real joua d'autres finales et gagna d'autres titres mais il y a un panier qui resta gravé dans la mémoire des fans de basket pendant plus de 30 ans. Bien sur, c'est le fameux tir dans son propre panier du joueur du Real Lorenzo Alocen. Emiliano, qui est l'actuel président d'honneur du Real Madrid, n'en a pas oublié le moindre détail :
"On jouait à Varese. Ignis était une équipe très forte mais on réussit à les contenir jusque dans la dernière minute. C'est alors que notre pivot, Lyuk, fit sa cinquième faute, nous laissant sans pivot. Il y avait égalité et notre coach, Pedro Ferrandiz, dit à Alocen de marquer dans notre propre panier, afin d'éviter d'aller en prolongation, car dans les 5 minutes supplémentaires, on aurait sûrement subi une grosse défaite. Alocen marqua contre son camp et les arbitres n'eurent pas d'autre choix que de valider le panier, mais après on dut quitter la salle sous la protection de la police car le public était très en colère. Pas au début quand la foule laissa éclater sa joie car le panier et la victoire étaient pour son équipe mais peu après qu'ils aient réalisé ce qui s'était passé. Bien sur, la FIBA changea cette règle immédiatement après mais ce match entra dans l'histoire du basket-ball européen. "
Derrière le Real Madrid et le CSKA, les années 60 virent la naissance d'un autre géant, Ignis Varese. Même si Simenthal Milan fut la première équipe à remporter le titre, en 1966 à Bologne contre le Slavia Prague 77-72, l'Italie devra attendre l'émergence de Ignis Varese pour avoir une équipe capable de stopper le CSKA et le Real. Avant ça pourtant, le 24 avril 1969 à Barcelone, les deux géants de cette ère, Real Madrid et CSKA Moscou, offrirent un spectacle digne du showtime, même si le mot n'était pas encore inventé. Les Russes gagnèrent en effet la finale 103-99 après 2 prolongations. Le héros du match fut le pivot russe Andreev avec 37 points et 11 rebonds en 50 minutes ! Les 202 points marqués par les 2 équipes sont toujours le plus gros total jamais marqué dans une finale européenne.
D'autres grosses performances marquèrent la décennie, et en premier lieu les 99 points marqués dans un match par un seul joueur, Radivoj Korac, toujours le meilleur total jamais réalisé dans un match de Coupe d'Europe. Le légendaire scoreur yougoslave, qui disparu tragiquement le 2 juin 1969 dans un accident de voiture près de Sarajevo à l'âge de 31 ans, marqua ces 99 points en 1965 dans son équipe de toujours, OKK Belgrade, contre les Suédois de Alvik lors d'un match à domicile remporté 155 à 57. Personne ne réalisa que Korac échouait à seulement un point du record mythique de Wilt Chamberlain, et alors peut-être son coach ne l'aurait pas rappeler sur le banc en fin de match. L'écart de 98 points réalisé par l'OKK ce soir là sera dépassé en 1973-74 par l'Akademik Sofia qui battit les Marocains de Bekrane de 119 points, 172-53 ! Ces 172 points de Akademik restent le plus grand nombre de points inscrit par une équipe au cours d'un match d'Euroligue. Le record du total de points marqués dans un match, 264 au total, date de 1970, quand les Belges de Malinas battirent les Ecossais de Boroughmir 144-120, sans prolongations!
|
|
Euroleague.net
|
|